Historique
2024
- Audrey Frot a été nommée directrice générale de l’association.
- Lors de l’Assemblée Générale de juin, trois nouveaux administrateurs ont été élus au Conseil d’Administration : Mariella Gencchi est psychologue, elle est aussi Secrétaire générale de Psichiatria Democratica dont les travaux ont toujours été pour nous une source d’inspiration ; Hervé Hagège, Praticien hospitalier, hépatologue et gastro-entérologue du Centre Hospitalier Intercommunal de Créteil ; et Philippe Lagomanzini a été élu Président et Daniéla Cesoni, Présidente d’honneur.
- Les résultats de la démarche de recherche-action 2022-2023 ont fait l’objet d’une publication.
- Une nouvelle phase s’engage avec la mise en œuvre du projet 2024 – 2025 du Fonds de Lutte Contre les Addictions. Trois axes sont privilégiés ; la mise en place de consultations sur sites (et en particulier sur ceux des équipes partenaires de la précédente phase), le renforcement de Tapaj (jusqu’à 3 chantiers hebdomadaires sont prévus) et l’organisation d’un séminaire mensuel (en présentiel et en ligne), en lien avec la Mission Métropolitaine de Prévention des Conduites à Risques.
- Amélie Armao mobilise près d’une trentaine d’usagers pour la réalisation d’un film autour de la question du lien.
- Claire Drivet et François Allioux, tous deux psychologues, nous ont rejoints, respectivement pour l’une sur la Consultation Jeunes Consommateurs et pour l’autre sur le CSAPA. Hugo Soetinck, éducateur, a été recruté pour contribuer au développement du dispositif Tapaj.
Publications :
- « Drogues et Société / Psichiatria Democratica », Cesoni, D. Lagomanzini, P. in « Psichiatria Democratica, 50 anni Straordinari »,M§M Edizioni
- « Jeunes vulnérables, pratiques éducatives et réduction des risques, une démarche participative de recherche et d’expérimentations », ouvrage collectif, Drogues et Société
2023
- Audrey Frot a été nommée directrice-adjointe, en charge du CSAPA.
- A partir de la réflexion et des expérimentations conduites dans le cadre d’une recherche-action ayant associé différents professionnels du champ éducatif, nous avons pu revérifier, une nouvelle fois, un certain nombre de postulats ayant accompagné la création de Drogues et Société : de l’«aller vers» et du «faire avec» ; que ce soit à partir du dispositif Tapaj ou de la mise en œuvre du projet «Jeunes vulnérables, pratiques éducatives et réduction des risques», tout comme cela l’a toujours été dans le cadre de notre centre de soins.
- Les préconisations plus récentes de la Haute Autorité de Santé, invitant à la mise en place dans le champ socio-éducatif de « modalités de sécurisation des consommations afin de limiter les risques et les dommages pour les enfants et jeunes majeurs qui ne veulent pas ou ne peuvent pas s’arrêter de consommer », devraient pouvoir constituer un formidable levier de transformation des pratiques professionnelles. Mais elles semblent à ce jour rester lettre morte face à la probable inquiétude ou frilosité d’institutions et de professionnels, par ailleurs contraints par le cadre légal.
- Nous maintiendrons donc notre position visant à mobiliser les acteurs du champ socio-éducatif pour la construction de réponses concertées à partir d’une approche de réduction des risques. C’est le sens de notre nouvelle inscription dans le cadre de l’appel à projet du Fonds National de Lutte Contre les Addictions.
Publication :
« Herbes sauvages – entretiens, mots libres, images possibles », Maxime Couturier, Drogues et Société
2022
- Lisiane Froment, en charge de la comptabilité et de la gestion administrative de l’association depuis 1986, a quitté ses fonctions. Le recrutement d’un successeur s’avère difficile.
- La fréquentation de nos services d’accueil a retrouvé une densité semblable à celle d’avant la crise sanitaire. En témoigne la forte participation des usagers aux activités collectives proposées, tant par l’équipe que par deux intervenants extérieurs : Aurélien Grellier et Maxime Couturier.
- La question se pose du devenir d’un certain nombre d’usagers isolés, vieillissant et présentant des troubles psychiques et/ou des pathologies chroniques. Nous devrons disposer de pistes de réponses dans les prochaines années, peut-être avec un projet de micro-structure résidentielle.
- Des temps ont été dédiés, avec l’aide de Christine Calderon, au repérage et à l’analyse des besoins d’accompagnement social et d’insertion des publics reçus par la Consultation Jeunes Consommateurs. La réponse à ces besoins ne relève pas directement de notre compétence mais nous y avons toujours été attentifs, tant par un recours aux ressources dont dispose le CSAPA que par l’activation du dispositif Tapaj. Leur plus fine évaluation apparaît aujourd’hui nécessaire et pourrait nous conduire à envisager la construction de nouvelles réponses.
- Foued Romdhane, éducateur spécialisé, a rejoint le CSAPA.
- L’évaluation interne de notre activité médico-sociale a été finalisée sur le nouveau portail Synae de la Haute Autorité de Santé.
- Nous avons pu présenter, en lien à Visa 94 et la Maison de l’Adolescent, les résultats du diagnostic relatif aux freins et leviers à la prise en charge de publics jeunes consommateurs par des équipes éducatives. 137 professionnels ont été associés à ce diagnostic.
- Suite à cette phase, nous nous sommes engagés dans une démarche de recherche-action associant une vingtaine de professionnels et accompagnée par Hélène Bézille de l’UPEC.
Publication :
« Jeunes vulnérables, conduites addictives et Réduction des Risques », Actes du séminaire du 11 février 2022, Visa 94 – Maison de l’Adolescent – Drogues et Société
2021
- Depuis mars, l’activité a retrouvé son rythme, après deux ans de crise sanitaire.
- Les activités collectives de redynamisation ont pu reprendre en septembre.
- Clémentine Hennemand, infirmière, et Karine Moumni ont rejoint l’équipe.
- Des groupes de travail ont été mis en place dans une perspective de capitalisation, notamment pour les nouveaux salariés, des pratiques de l’association en termes de traitement avec le soutien de Christine Calderon et Marie Debrus), inconditionnalité de l’accueil et approche collective.
- Gregory Peroumal, sociologue, a intégré l’équipe du Pôle prévention. Il a, entre autres missions, la responsabilité du dispositif TAPAJ. Il contribue par ailleurs fortement à notre capacité d’engagement dans le développement du projet financé par le Fonds de Lutte Contre les Addictions et l’Agence Régionale de Santé : « Jeunes vulnérables, conduites addictives et Réduction des risques ».
- Un réseau d’équipes éducatives se constitue autour de la réalisation d’un diagnostic des freins et leviers à l’accompagnement éducatif de jeunes consommateurs.
2020
- La crise sanitaire liée au Covid constitue un choc majeur et planétaire. La force de son impact sur le lien social est probablement sans précédent, en particulier pour les personnes les plus fragiles.
- Nous avons pu maintenir notre activité de soin individuel. Mais les usagers n’ont plus été accueillis collectivement, quotidiennement et inconditionnellement.
- Nos activités de prévention et de formation ont été suspendues.
- Un partenariat s’est engagé avec Visa 94 et la Maison de l’Adolescent pour une réponse commune à un appel à projet du Fonds de Lutte Contre les Addictions.
2019
- Nous enregistrons une augmentation de la file active de 20%. Cela nous pose certaines questions en lien à un risque de saturation de nos services : suspension temporaire de nouvelles inclusions ? Réorientation en ville ? Prescription à 28 jours pour les patients stabilisés ? Négociation avec le Parquet pour la définition de modalités d’accueil de publics sous-main de justice autres que l’orientation vers le soin qui ne s’avère pas toujours être la plus pertinente ?
- Philippe Lagomanzini a repris la direction, suite au départ de Frédéric Menneret ; Audrey Frot a été recrutée et prendra rapidement une fonction de responsabilité dans la gestion du CSAPA. Et Oumar Diagne, éducateur spécialisé a été recruté au sein du CSAPA.
- Les actions de prévention et formation ont permis de nombreux temps de rencontre en direction de 2419 jeunes et adultes, dans le cadre de nos liens avec les Villes de Créteil et Maisons-Alfort, de Grand Paris Sud Est Avenir etdu Département.
- Les récents liens contractualisés avec l’UPEC ont permis d’accueillir quatre étudiants de Master en Ingéniérie sociale, engagés dans une évaluation des besoins d’acteurs sociaux de proximité face aux conduites à risques de leurs publics.
2018
- 577 personnes ont été reçues et prises en charge au sein du CSAPA ou de la CJC ; 1816 jeunes, jeunes adultes et adultes ont participé à différents temps d’information et de prévention ; 518 professionnels se sont inscrits dans le cadre de temps de formation.
- Nos principales préoccupations sont liées d’une part à l’augmentation très nette de la consommation et du trafic de crack sur le Val-de-Marne, d’autre part aux réponses insuffisantes en matière de santé mentale.
- Un cycle de séminaires est engagé sur les communes de notre territoire d’intervention. L’enjeu est de traiter de l’impact des conduites addictives sur les pratiques éducatives. Le premier séminaire a eu lieu à Créteil où nous avons reçu Pierre Roche, sociologue, Alex Brissot de l’OFDT et Marina Pajoni, directrice du SPIP.
2017
- Nous organisons, sur demande de la Protection Judiciaire de la Jeunesse et en lien avec l’UPEC la mise en place de groupes de travail autour de « Pratiques religieuses et citoyenneté : quels échanges éducatifs ? », à partir d’interrogations formulées par les équipes éducatives quant à la manière d’aborder avec leurs publics tant les questions de religion que les questions de citoyenneté. Pour prendre en compte la complexité du phénomène de « radicalisation », il s’agirait de construire une démarche à l’échelle du territoire avec l’ensemble des acteurs, selon une approche déspécialisée et à partir d’une logique de narration collective. Un parallèle troublant est à observer avec la façon dont s’est construite socialement la question de « la drogue », à partir des années soixante.
- Nous réfléchissons, avec la Mission Métropolitaine de Prévention des Conduites à Risques, à la possibilité d’une mutualisation de nos compétences, notamment en matière de formation-action.
- L’installation dans de nouveaux locaux nous a permis de renforcer l’approche collective de l’accompagnement à partir d’ateliers à visée de socialisation et de renforcement des compétences.
- Le déplacement de la CJC dans ces nouveaux locaux n’a pas impacté la file active qui a été de près de 200 personnes.
2016
- Programmation de séminaires associant l’ensemble de l’équipe et des intervenants extérieurs. Sont ainsi rencontrés en 2016 : Jean Furtos, Pierangelo di Vittorio et Jean-Claude Metraux. Ces séminaires s’inscrivent dans une perspective de capitalisation des pratiques, de réaffirmation de l’importance du décentrement et d’une approche par le collectif et la recherche-action-participative.
- L’accompagnement à l’insertion sociale et professionnelle a pu être renforcé en lien avec le Plan Stratégique Départemental d’Insertion et dans le cadre d’un appel à projet du FSE.
- Une convention de recherche a été conclue avec l’Université Paris Est Créteil et le Laboratoire Interdisciplinaire de Recherche sur les Transformations des pratiques Educatives et des pratiques Sociales (LIRTES).
2015
- L’association s’engage dans une action TAPAJ (Travail Alternatif Payé A la Journée) en direction de publics 18-25 ans, avec le soutien du service propreté urbaine de Plaine Centrale. Cette action pourrait être renforcée par un partenariat avec des entreprises et l’ouverture aux usagers du CSAPA.
- Des travaux sont engagés pour de nouveaux locaux. IAP quittera Maisons-Alfort en 2016 et se rapprochera ainsi du CSAPA.
- Aide à la parentalité en direction des usagers du CSAPA, et en particulier des pères. Un financement est accordé par le REAAP.
- Le territoire de Plaine Centrale s’élargit en intégrant des communes de l’est du Val-de-Marne et donne naissance au Territoire 11, celui de Grand Paris Sud Est Avenir.
2014
- Poursuite de l’augmentation de la file active (159 patients en 2012, 257 en 2014).
- Convention avec la Pharmacie Humanitaire Internationale permettant un approvisionnement en médicaments gratuits pour les patients sans couverture sociale.
- Un ETP d’éducateur et de nouvelles réponses d’hébergement sont demandés dans le cadre de Mesures Nouvelles, depuis plusieurs années, face à l’augmentation de personnes SDF et en grande précarité (notamment du fait de retards ou d’interruptions dans le versement de prestations APL, RSA et AAH), sans succès. Il est décidé de réduire notre demande à un temps partiel d’éducateur.
- Une augmentation du nombre d’incarcérations est également constatée.
- Considérer la dimension collective a toujours été une stratégie privilégiée par l’association. Au-delà des temps d’ateliers proposés dans le cadre du dispositif d’insertion, une trentaine d’usagers a activement participé au processus d’évaluation externe engagé par le GRAC (Groupe de Recherche Action Communautaire), ce qui a conduit à la mise en place d’un Groupe d’expression participative qui se réunira deux à trois fois par an et constituera une alternative au Conseil de Vie Sociale ; le CVS est en effet un dispositif posant question quant à sa pertinence, dans le cadre de structures fonctionnant déjà sur un mode participatif.
- Une action de soutien à la parentalité est engagée au sein de IAP, avec le soutien du REAP.
Changement de direction avec l’arrivée de Frédéric Menneret. Philippe Lagomanzini maintient néanmoins certaines activités au sein de l’association, notamment autour de l’insertion et de l’accès à l’emploi.
2013
- Très nette augmentation de la file active, près de 25%.
- Démarche d’évaluation interne permettant de mieux formaliser certains outils et nos réponses sociales.
- Des partenariats sont renforcés avec différents services hospitaliers.
- Accueil d’une dizaine de stagiaires (éducateurs, moniteurs éducateurs, infirmiers) au sein du CSAPA.
- Renforcement de la Consultation Jeunes Consommateurs par la mise en place d’un accompagnement éducatif et d’une aide à l’insertion.
- Participation à différents stages RDR pour l’ensemble de l’équipe du CSAPA
- Les risques financiers ainsi que ceux d’une éventuelle fusion avec un grand groupe apparaissent désormais écartés grâce au soutien de Plaine Centrale, du Conseil Général, de la Préfecture, des villes de Bonneuil et de Maisons-Alfort. L’ensemble de ces partenaires se constituera en comité consultatif au sein de notre Assemblée . Plaine Centrale, le CG 94 et l’ARS contribuent par ailleurs au règlement financier de nos conflits prud’homaux.
2012
- Arrivée de Noémie Renard, infirmière. Départ de Sophie Alessandri et difficulté à trouver un autre médecin, avant l’arrivée de Damien Carmona, hépatologue et gastro-entérologue en 2013. Arrivée également de Marielle Barbaut, pharmacienne garantissant la sécurité du circuit du médicament.
- Renforcement des activités d’aide à l’insertion, mise en place de nombreux ateliers sportifs, culturels et de découverte.
- La démarche collective de capitalisation engagée en 2011 aboutit à la mise en place d’un Groupe d’Analyse de Pratiques animé par Christine Calderon et permet d’étayer le processus d’évaluation interne.
- Différents séminaires et colloques, en collaboration avec de nombreuses organisations françaises de soin et d’insertion ainsi qu’avec le Service portugais d’Intervention sur les Comportements Addictifs et les Dépendances (SICAD, ex IDT), aident au renforcement d’un réseau national pour l’insertion des usagers de drogues et conduisent à la rédaction d’un nouveau livret, en complément du guide de bonnes pratiques produit en 2011. Trois perspectives ont été plus précisément ciblées :
Application des recommandations issues des précédents travaux en direction de jeunes consommateurs ; Partage d’outils et de méthodes favorisant l’accès à l’emploi, et en particulier les techniques de récit de vie, telles que les a définies Chantal Deckmyn, de « Lire la Ville » ; Réflexion pour de nouveaux indicateurs favorisant une meilleure évaluation des parcours d’usagers en insertion.
Malheureusement ces pistes ne pourront être qu’en partie poursuivies, du fait de la fin du programme européen « Compétitivité régionale et emploi » et de la difficulté à s’inscrire désormais sur de nouvelles programmations essentiellement ouvertes à des plateformes.
2010-2011
- Les conflits déjà évoqués conduisent à une déstabilisation du centre de soin : près de dix éducateurs se succéderont en trois ans sur les deux postes à pourvoir.
- La mise en place d’un groupe de travail mensuel permet avec l’aide de Christine Calderon et Frédéric Menneret de réaliser un travail de capitalisation des pratiques de Drogues et Société, tout en y associant les apports des nouveaux arrivants, dans une perspective de mise en cohérence de l’ensemble de nos actions.
- L’année 2010 a aussi été marquée par la nécessité de nous adapter aux nouvelles normes définies pour les CSAPA. Les nouvelles Agences Régionales de Santé questionnent particulièrement, au plan national, les actions conduites depuis trente ans dans le cadre de la Politique de la Ville. Nos missions de proximité, d’accueil et de suivi des publics les plus précaires, y compris lorsqu’il n’y a pas encore de « demande de soins » pourraient ainsi être mises en cause. Or, ce sont ces missions qui ont fondé notre association et qui nous lient encore aux collectivités locales. Il nous faut donc renforcer nos liens avec le territoire afin de continuer à travailler selon les valeurs qui ont toujours été les nôtres, tout en faisant face aux attentes de l’ARS, en termes de conformité, de gestion administrative et de qualité des soins.
- La démarche engagée en 2009, dans le cadre de l’appel à projet FSE, « Compétitivité régionale et emploi », a permis le repérage et l’analyse de nombreuses autres actions d’aide à l’insertion par l’emploi d’usagers de drogues. Six séminaires ont été réalisés à Lyon, Marseille, Montargis, Rennes, Bordeaux et Paris. 180 acteurs et plus d’une centaine de structures ont été associés aux différents travaux. Un premier document sur les ressources existantes a été publié et un guide de bonnes pratiques est actuellement en cours de rédaction. Ils seront diffusés par la MILDT.
- Notre candidature sur la nouvelle programmation européenne « Compétitivité régionale et emploi » a été retenue au plan national, à partir d’un partenariat avec l’IDT portugais, la MILDT et la DGAS.
2009
- L’année 2009 a été consacrée à d’importantes réorganisations imposées au champ des addictions par la Loi de 2002. Nos procédures d’accueil et de prise en charge ont dû être revisitées et précisées. Différents profils de poste, en particulier ceux de l’équipe d’accueil, ont dû être redéfinis afin que puisse être élaboré un nouveau projet d’établissement. Le cabinet Conseil Expand a été sollicité pour accompagner l’impact parfois douloureux mais incontournable de ces changements sur les pratiques de l’équipe.
- Bien que ce travail soit encore en cours en ce début d’année 2010, notre demande de création d’un Centre de Soins, d’Accompagnement et de Prévention en Addictologie (CSAPA) a reçu un avis favorable de la nouvelle Agence Régionale de Santé (ARS). La mission confiée à Hervé Riols, du Cabinet Conseil Expand concerne également la préparation de l’équipe à ce changement. Il nous faut malheureusement aujourd’hui constater que les temps où nous pouvions encore rêver d’autogestion sont révolus.
- Notre activité d’accueil et de prise en charge des publics n’a heureusement pas été affectée par ces questions, comme en témoigneront les pages qui suivent. En effet, la file active a été de 239 patients en 2009 (soit une augmentation de 13%), dont 52 nouveaux patients. 157 personnes sont suivies dans le cadre de traitements de substitution aux opiacés, contre 120 en 2008 (soit une augmentation de près de 25%) et 42 autres ont eu recours à des consultations médicales pour différents problèmes de santé. Cette importante activité implique une surcharge considérable de travail pour l’équipe médicale et notamment pour le médecin.
- Parmi ces nouveaux patients, nous observons une importante et inhabituelle proportion de jeunes femmes. Ce qui nous a conduit à proposer une plage horaire mensuelle spécifiquement réservée aux publics féminins.
- Les besoins, en termes de réponses sociales et tout particulièrement d’aide à l’hébergement, ont été par ailleurs très importants, du fait de retards dans l’attribution de l’Aide Personnalisée au Logement et de l’Allocation Adulte Handicapé. Une permanence mensuelle de la Caisse d’Allocations Familiales est désormais mise en place dans nos locaux et nous permet de mieux gérer, voire de prévenir certaines situations critiques. Il est cependant bien déconcertant de constater que les publics en situation de grande précarité sont de plus en plus contraints à de multiples démarches administratives qu’ils ne sont pas en mesure d’accomplir sans un accompagnement intensif. Par ailleurs, l’état souvent sordide des chambres que nous proposent les hôteliers, ainsi que leur coût très élevé nous a conduits à déposer un projet dans le cadre des mesures nouvelles 2010.
- Nous avons également développé, comme chaque année depuis près de quinze ans, des actions d’aide à l’insertion par l’emploi, tant à partir du stage « Les étapes vers l’emploi » qu’à partir d’un accompagnement individualisé d’une trentaine de personnes. Ces actions, soutenues par le Programme Départemental d’Insertion et la Communauté d’Agglomération Plaine Centrale, se sont inscrites dans le cadre du Programme du Fonds Social Européen, « Compétitivité Régionale et Emploi ».
- Ce programme nous a permis (à partir de partenariats avec les régions Centre et Rhône-Alpes ainsi qu’avec l’Italie, la Slovaquie et le Portugal), de repérer et analyser, avec l’aide du cabinet CCMO Conseil, un certain nombre d’actions d’aide à l’insertion par l’emploi d’usagers de drogues et d’en dégager des pistes de bonnes pratiques. La Direction Générale de la Cohésion Sociale et la Mission Interministérielle de Lutte contre les Drogues et la Toxicomanie se sont associées à notre démarche et nous ont demandé de coordonner en 2010 la rédaction d’un guide de bonnes pratiques ; l’objectif étant de renforcer l’intervention sociale au sein des structures de soins et de favoriser une meilleure articulation entre les champs du soin et de l’insertion. Nous souhaiterions que ces bonnes pratiques offrent un panel élargi de réponses en termes d’articulation entre projet thérapeutique et projet d’insertion ; notre hypothèse est que la reconstruction de liens sociaux et l’élaboration d’un projet d’insertion redonnent sens à un parcours de vie, étayant ainsi un projet de soins. Mais notre propos n’est aucunement d’envisager une quelconque forme d’injonction au travail. Il s’agit d’ouvrir le « champ des possibles » pour prévenir l’exclusion et permettre la participation du plus grand nombre des usagers de drogues au « débat citoyen », participation sans laquelle ce débat ne peut véritablement avoir lieu.
- Les actions conduites à partir de notre centre de prévention, en lien avec la Communauté d’Agglomération Plaine Centrale et les villes de Maisons-Alfort et Bonneuil-sur-Marne, ont également connu des avancées tout à fait intéressantes dans le cadre de nos interventions auprès de publics jeunes en milieu scolaire ou fréquentant différents équipements (1129 collégiens et lycéens ainsi que 635 adultes ou jeunes adultes ont ainsi été concernés). Il en a été de même en ce qui concerne la consultation-conseil (qui a accueilli 65 jeunes et 23 parents et réalisé 221 entretiens)
- Nos activités de sensibilisation, de formation et de mise en réseau de professionnels de proximité ont par ailleurs été poursuivies et ont impliqué 179 personnes au cours de séminaires, sessions de formation et journées événementielles. Elles ont conduit à l’émergence de différentes initiatives, notamment pour la constitution de groupes de parents (à Bonneuil-sur-Marne et Limeil-Brévannes) ou de professionnels engagés dans la recherche de réponses à des difficultés rencontrées sur certains quartiers ou face à des publics en situation à risque. Notre objectif majeur est ici de prévenir l’exclusion de jeunes surconsommateurs et d’assumer le défi que le maintien de liens sociaux les aidera davantage que la stigmatisation à réguler leurs comportements… Il faut juste un peu de temps !
- Enfin, nous avons poursuivi différents projets transnationaux, dont notamment le programme « Democracy, Cities and Drugs ». Nous avons également participé, aux côtés de la Fédération Addiction et du CMSEA, à la réalisation de cinq séminaires de formation en direction de cadres associatifs algériens, à la demande du Conseil de l’Europe, du Groupe Pompidou et de l’Office Algérien de Lutte contre la Drogue et la Toxicomanie.
- Ces dernières activités peuvent sembler bien éloignées de nos préoccupations quotidiennes et nous ferons référence à Marine Zecca, évoquant à notre propos : « Il y a une clé à trouver, pour avoir une lecture au présent et créer une distanciation en même temps. Ce sont les caractéristiques du dispositif de Drogues et Société, qui permet d’être au plus proche du terrain dans la quotidienneté des pratiques tout en gardant une distanciation développée, choisie et conceptualisée depuis des années ».
2008
De graves conflits opposant l’équipe sociale à l’association conduiront aux licenciements de salariés. L’envoi de lettres de dénonciations calomnieuses déterminera une succession d’enquêtes policières et administratives ainsi que des plaintes auprès du Parquet, du Conseil prud’homal et du Conseil de l’Ordre des médecins, ce qui pèsera lourdement sur la vie quotidienne de l’association, menaçant sa pérennité et son indépendance.
- Représentation de Plaine Centrale dans le cadre des Forums français et Européen de Sécurité Urbaine (FSU et FESU), « Democracy Cities & Drugs ». Le premier a eu lieu à Bucarest en novembre 2008. Ces séminaires ont pour objectif la constitution d’une base de données sur les stratégies mises en œuvre par les villes face aux problèmes liés aux drogues. Nous participons au recueil de données sur les différentes villes associées aux Forums, participons aux actions de formation d’élus et sommes chargés de la rédaction des conclusions des séminaires.
- Dernière mission au Portugal dans le cadre d’Equal.
- Séminaire de conclusion Equal à Paris, avec la participation de Dominique Terrasson (DGAS), Chantal Gatignol (MILDT), Ramune Visockyte, députée lituanienne, et Francine Bavay, Vice-présidente du Conseil Régional d’Ile-de-France.
Publications :
- « Insertion et accès à l’emploi de publics toxicodépendants. Analyse d’un programme transnational ». MAGUET O., CALDERON C., EQUAL-FSE, Drogues et Société.
- « Democracy, cities and drugs », Conclusions, Forum Européen de Sécurité Urbaine.
2007
- Depuis plusieurs années, le profil des usagers de drogues à évolué. Chez les usagers de drogues actuels, le produit semble moins importer. La recherche de « défonce » l’emporte sur la recherche d’un produit spécifique. La poly-toxicomanie concerne essentiellement les opiacés, quels qu’ils soient, en association avec des benzodiazépines et/ou de l’alcool, du cannabis.
Les consommations de cocaïne ne cessent d’augmenter. Son prix baisse et elle se banalise dans les lieux de « deal ». Elle est sniffée, fumée, injectée.
- Réalisation d’un recueil de textes et de dessins d’usagers, « A quoi tu rêves ? », dédié à la mémoire de Steeve Chalumeau qui a réalisé l’ensemble des dessins et d’Anna Scoppio. Nous avions appris avec elle, à lutter contre « l’indifférence professionnelle à ce que la personne en souffrance psychique fera de son autonomie retrouvée » et à concevoir la participation sociale comme une réponse thérapeutique.
- Elaboration d’un programme de formation concerté avec d’autres CSST du département, à la demande de la DDASS, en direction d’équipes de CHRS. L’objectif est de favoriser l’accès des usagers de drogues aux dispositifs d’hébergement.
- Rencontres transnationales et séminaires à Pescara et Vilnius à des fins de diffusion des progressions observées dans les différents états et d’évaluation de l’impact de la transnationalité (la démarche est accompagnée par Christine Calderon et Olivier Maguet, CCMO). Entre autres impacts, la rencontre organisée par nous entre Solcoroma et la Cité des Métiers de Paris sera à l’origine de la création de la Cité des Métiers de Rome.
- Participation, à la demande de l’OFDT, de la DAS et de la MILDT et aux côtés d’experts polonais et finlandais, à une mission d’évaluation des pratiques professionnelles et des structures d’accueil résidentiel d’usagers de drogues, en Slovaquie. Cette mission, coordonnée par Matthieu Chalumeau, sera suivie en 2008 par différents séminaires de formation et une conférence de conclusion.
Publications :
- Prévention des conduites à risques et nouvelles professionnalités : Actes de la conférence de résultats, décembre 2006, EQUAL-FSE, Drogues et Société.
- Se former pour mieux prévenir. In Focus sur 50 projets réalisés en Ile-de-France, 2000-2006, Fonds Social Européen. Document édité par la Préfecture de Région d’Ile-de-France.
- Prise en charge de jeunes patients, ALESSANDRI, S., Swaps.
2006
- Création d’une consultation d’hépatologie.
- Arrivée du docteur Sophie Alessandri qui assumera la responsabilité médicale du centre. Une nouvelle page s’ouvre sur la perception des besoins en termes de soin, dans une logique de RDR fondée sur une approche urgentiste.
- Collaborations avec la Régie de quartier de Créteil, ARCIE, Tanagra et Ateliers sans frontières pour l’accueil de publics en insertion professionnelle ; le Programme Départemental d’Insertion du 94 se positionne comme un fort soutien pour la mise en œuvre de nouveaux partenariats en ce sens.
- Formation de jeunes animateurs sportifs, à la demande de la DDJS.
- Mise en place d’un groupe de travail autour des pratiques institutionnelles face à la surconsommation de psychotropes et les réponses à construire pour prévenir l’exclusion des jeunes en situation à risque (Nous considérons que maintenir l’intégration de jeunes consommateurs de psychotropes au sein de parcours d’éducation ou d’insertion, prévenir leur exclusion ou leur auto-exclusion, ne peuvent que réduire les risques qu’ils encourent par leur consommation, voire les aider à réguler, réduire et même interrompre leur consommation). Ce groupe associe le SPIP, la PJJ, des clubs de prévention et des centres sociaux. Ce travail, coordonné et mise en œuvre par Ludovic Grellier et Laure Parés permettra d’enclencher une action d’envergure : l’une avec les jeunes du quartier des Juilliottes qui conduira à la réalisation du film « Allons enfants » (en collaboration avec Amélie Armao du Théâtre de l’Imprévu et avec le soutien technique de Felipe Jobet et Victor Lima), autour des représentations que les jeunes ont des institutions (Mission locale, Education Nationale, etc.). Ce travail se conclut par la réalisation d’un film présenté dans le cadre d’un séminaire associant élus et professionnels de différentes institutions.
- Une autre action est conduite avec les élèves d’une classe de SEGPA d’Alfortville qui permettra de réaliser le film « Arlo », avec l’engagement tout particulier d’Agathe Levert, enseignante, et la collaboration de Catherine Gauthier et de Serge Glissant de l’ACE (Arts, Cinéma et Enseignement). Ce film a été présenté à l’Entrepôt et remporté le premier prix du festival « A nous l’écran ».
- Réalisation, à la demande de la DDASS, d’une plaquette d’information VIH et VHC en direction de détenus russophones, arabophones et hispanophones ; cette demande fait suite à une action impliquant les élèves infirmiers dans la réalisation d’une recherche-action sur les risques liés au tatouage.
- Voyage d’études au Portugal, pour 4 stagiaires et réalisation du film « Un long voyage commence par un premier pas… », associant usagers et professionnels français et portugais.
- Mise en place d’un calendrier de séminaires trimestriels sur les communes de Plaine Centrale en direction d’élus et de professionnels de proximité et associant différents intervenants de l’OFDT, du FESU et de la MILDT.
- Mise en place d’un temps de rencontre mensuelle entre l’équipe IAP et des intervenants de proximité rencontrant des difficultés en relation aux addictions, dans l’accompagnement de leurs publics.
- Toujours différents échanges transnationaux en France, Grèce, Italie, Lituanie et au Portugal. Certains de ces échanges (en Italie et au Portugal) ont associé des partenaires locaux ou régionaux, des usagers ou des animateurs. Deux visites (le projet Moinho da Juventude, à Lisbonne et le projet d’une équipe romaine également en lien à une communauté cap-verdienne) ont nettement éclairé ce que pouvait être l’innovation en matière de prévention.
- Le partenariat avec l’IDT de Lisbonne s’est renforcé grâce à l’intervention de Paula Marques.
- Christine Calderon et Olivier Maguet sont associés à l’accompagnement de l’activité transnationale et des différents travaux d’évaluation, dont notamment ceux concernant l’impact de la transnationalité sur chacun des projets nationaux.
Publication :
Prévention des conduites à risques et nouvelles professionnalités. Addictions et accès à l’emploi. Actes de la conférence de résultats, décembre 2005, EQUAL-FSE, Drogues et Société.
2005
- Jean-Jacques Branchu reste administrateur mais ne souhaite plus assumer la présidence de l’association à partir de février 2005. Il est remplacé par Nicole Guéguan jusqu’en novembre 2005. Mais de graves désaccords avec le directeur, notamment sur des questions de méthodologie de projet (en lien à une action à conduire pour le ministère de la santé du Cameroun) la conduisent à démissionner. Danièla Cesoni, fondatrice de l’association, en devient officiellement présidente.
- Réalisation du spectacle « Des ronds dans l’eau » interprété par un groupe d’usagers inscrits dans le stage et mis en scène par Amélie Armao, du Théâtre de l’Imprévu. La pièce traite notamment des difficultés de l’immigration.
- Différentes rencontres et conférences transnationales sont organisées à Rome, Ostia et Athènes.
- Notre candidature dans le cadre d’un nouvel appel à projets du programme européen Equal 2 (Combattre les discriminations et réduire les inégalités pour une meilleure cohésion sociale), est retenue. Le projet mis en œuvre est axé sur « Addictions, compétences et nouveaux parcours de professionnalisation ».
- Une conférence de résultats Equal 1 est organisée à Paris en lien à la DRASS, la DRJS et la CRAMIF. Nous y accueillons trois nouveaux partenaires transnationaux venus de Vilnius (Lituanie), Pescara (Italie, Solcoroma n’a pas été retenue mais reste partenaire associé) et Caldas da Rainha (Portugal, l’IDT deviendra également partenaire associé). Cette conférence, conclue par Maria Grazia Giannichedda et Robert Castel, a constitué un temps d’arrêt sur images, celles de 20 années passées, un temps où nous avons pu revisiter certaines intuitions et de vieilles convictions, quant au fait qu’au-delà de la drogue, l’enjeu était de savoir vivre ensemble et vérifier qu’aujourd’hui, et certainement demain encore, il nous faudra pouvoir « lire et conjuguer », comme le dit Marine Zecca, « l’histoire du présent au fur et à mesure qu’elle se développe…afin d’agir en temps réel… », « être au plus proche du terrain dans la quotidienneté des pratiques, tout en gardant une distanciation développée, choisie et conceptualisée ». L’évènement a été suivi d’une fête d’anniversaire.
2004
- Rajeunissement des publics reçus (29 personnes de moins de 24 ans, contre 9 en 2003) ; renouvellement de 30% de la file active du Centre de Soins.
- Rencontres transnationales Equal à Créteil, Rome et Athènes.
- Interventions à Athènes et Thessalonique, toujours dans le cadre d’Equal, dans l’objectif de sensibiliser les professionnels à l’intérêt des TSO.
- Voyages d’études à Rome, associant stagiaires du dispositif « Les étapes vers l’emploi », animateurs en formation, partenaires et décideurs locaux.
- Réajustement du dispositif « Les étapes vers l’emploi », grâce à l’intervention de Agnès Gardini, du CG94, nous aidant à mobiliser les entreprises d’insertion suite au voyage d’études organisé à Rome et à sa rencontre avec les coopératives sociales
- Voyage d’études à Aalborg, Aarhus et Copenhague, autour de la construction de nouvelles professionnalités dans le champ de la prévention, et rencontre d’un autre porteur de projet Equal, AMU Nordjylland International Department. Les spécialistes de l’addictologie n’interviennent pas directement auprès des publics mais forment des relais de prévention.
- Nancy Aguilera-Torres et Ludovic Grellier (jusqu’alors infirmier de l’unité médicale, ayant participé aux actions de formation, particulièrement dans le cadre du projet européen) reprennent l’ensemble des activités du centre IAP. Plus tard Laure Parés, psychologue clinicienne, les rejoindra dans le cadre de la Consultation conseil.
Publication
- Prévention des conduites à risques et nouvelles professionnalités. Addictions et accès à l’emploi. Ouvrage collectif, EQUAL-FSE, Drogues et Société.
2003
- Voyage d’études à Amsterdam pour les stagiaires des Etapes vers l’emploi, autour des politiques de RDR.
- Enquête sur les usages de psychotropes auprès de l’ensemble des élèves du lycée Branly de Créteil : 226 questionnaires sont recueillis.
- Poursuite d’actions de formation en direction des publics et professionnels de la PJJ et du SPIP.
- Dans le cadre de l’Action 2 du projet européen sept ateliers de sensibilisation sont réalisés en direction d’une cinquantaine d’animateurs de 5 communes : Créteil, Maisons-Alfort, Bonneuil, Alfortville et Limeil-Brévannes. Ensuite les animateurs sont accompagnés dans la réalisation de projets collectifs de prévention sur leurs différents sites d’intervention. L’une de ces actions donnera lieu plus tard à un film, « EDEN ». Ce film qui constitue un outil en direction de jeunes adultes en situation à risques a été réalisé par des animateurs d’Alfortville et l’Association Madbox, il sera édité par Drogues et Société en 2006 avec le soutien financier de la DDASS et le FSE.
- Une formation qualifiante (sur 250 heures en neuf mois) est mise en place pour 12 animateurs ayant bénéficié des ateliers de sensibilisation.
- Un programme de formation a été ainsi élaboré dans une perspective de construction de nouveaux parcours diplômants, dans le cadre de BPJEPS Animation sociale et Prévention des conduites à risques. La DRASS et la DRJS sont les tutelles concernées par ce diplôme. Elles témoigneront un intérêt majeur pour ce projet, notamment lorsque les banlieues commenceront à flamber, quelques mois plus tard. Les excellents résultats observés par ces tutelles, sur la formation d’animateurs engagée dès 2003, ainsi que par nos partenaires politiques et professionnels (constitués en comité de pilotage et établissant un lien direct avec les animateurs, dans une logique de recherche-action, notamment par leurs interventions au cours de la formation, seront vérifiés par l’engagement d’un nouveau cycle sur d’autres sites d’Ile-de-France (notamment Saint-Ouen, Cergy-Pontoise et Marolles-en-Brie) en 2005 et 2006. Ces résultats associés à l’enthousiasme des animateurs ne suffiront cependant pas à faire face à de multiples obstacles : l’ambivalence des élus et responsables (les addictions ne sont pas de la compétence des villes et les directeurs d’équipements socio-culturels résistent à s’en préoccuper ; on a aussi pu observer l’hésitation à investir temps et argent pour répondre aux attentes d’animateurs souvent critiques face aux institutions et aux choix faits en termes de politiques locales) ; l’inquiétude des organismes de formation aux carrières de l’animation face aux besoins d’accompagnement en termes d’adaptation vérifiée et continue aux besoins du terrain. Un échec majeur dans l’histoire de l’association ou un défi restant encore à relever ?
- Inscription du dispositif d’insertion « Les Etapes vers l’Emploi » dans le cadre du programme européen Equal de lutte contre les discriminations face à l’emploi. Aucun autre candidat français ne se positionne sur les discriminations envers les usagers de drogues. Nos partenaires sont Solco-Roma, fédération de coopératives du Latium, dont la coopérative de la Fondation Villa Maraini, et OKANA, organisation grecque en charge de la gestion de structures de soin et d’insertion sur le territoire grec.
- Nous assurons la coordination de ce partenariat transnational. Marine Zecca et Hélène Bézille en assurent l’évaluation. Rencontres et séminaires, autour de la question de l’accès à l’emploi des usagers de drogues et associant élus, responsables territoriaux et professionnels du soin et de l’insertion, sont organisés à Créteil en février 2003, à Rome en juillet 2003 et à Athènes en octobre 2003. Une première conférence transnationale, à Athènes en novembre 2003, associe des responsables politiques nationaux.
- Les usagers participent à l’accueil des équipes italiennes et grecques.
- Accompagnement de Trait d’Union 94: diagnostic local des besoins et ressources existantes sur le Plateau Briard ; aide au recrutement d’une nouvelle équipe, supervision et aide à la construction du projet associatif.
Publication :
- Sensibilisation et information, conduites addictives, conduites à risques, Travail d’Intérêt Général. BEZILLE H., SPIP du Val-de-Marne, Drogues et Société.
2002
- L’augmentation de la file active, la complexité de la prise en charge de patients substitués (et en demande de réponses en termes d’insertion) et la gestion du centre ayant considérablement réduit les possibilités d’interventions extérieures, les permanences sont désormais limitées aux matinées. L’équipe peut ainsi, l’après-midi dégager plus de disponibilité pour les visites à réaliser, en particulier dans les différents hôtels avec lesquels nous travaillons. Certains hôteliers hébergent jusqu’à 6 personnes. Il est important de pouvoir faire avec eux un point régulier sur les difficultés auxquelles ils peuvent être confrontés. Nous rencontrons également souvent, hors de nos services, les parents ou mères avec enfants. Enfin, un partenariat important avec médecins, pharmaciens et services hospitaliers est poursuivi pour l’ensemble des usagers fréquentant nos services et confrontés à des problèmes de santé.
- Réalisation, par les usagers, d’une plaquette de prévention du VHC à destination de leurs pairs.
- Nous accueillons dans nos locaux Dominique Perben, nouveau Garde des Sceaux. Face à l’impossibilité manifeste que puisse alors s’envisager une évolution de la Loi réglementant l’usage de stupéfiants, nous soulignons avec Patrick Madigout, directeur du SPIP, la nécessité de maintenir et renforcer l’accès à l’existant en termes d’alternatives à la détention et aux poursuites judiciaires.
2000-2001
- Création à Maisons-Alfort, 31 cours des Juilliottes, du centre IAP (Information Accompagnement Prévention) et d’une consultation-conseil en direction de jeunes consommateurs et de leur entourage (les CJC n’existaient pas encore). Les orientations du plan triennal de la MILDT ont évolué sous la présidence de Nicole Maestracci : Il ne s’agit plus seulement de prévenir les usages de drogues illicites et les toxicomanies, mais au-delà, les abus et mésusages de drogues illicites et licites.
- Trois animateurs, Fouzia Bruzzi, Lakhdar Miloudi, David Tacita, constituent l’équipe de prévention sous la responsabilité de Nancy Aguilera Torres.
- Construction ou reformalisation d’outils de prévention, en partie à partir de l’étude d’outils réalisés en Grande-Bretagne : exposition, cdrom D-Code, site internet, centre de documentation.
- Elargissement de nos perspectives d’intervention : en direction de classes primaires (en collaboration avec des parents d’élèves), de jeunes en situation d’insertion professionnelle (emploi-jeunes).
- Engagement de temps de débat dans les collèges de Maisons-Alfort, autour des relations garçons-filles. Réalisation collective du journal « Pas de tabou », à partir d’ateliers écriture, de romans-photos, d’interviews et de questionnaires.
- Poursuite de la collaboration avec la DDJS : réalisation du spectacle « 9 sang 9 » avec 9 jeunes de différentes communes du Val-de-Marne.
- Accueil et soutien de groupes dans la réalisation d’actions de prévention : CD audio « Existences », en partenariat avec des clubs de prévention ; « Regard sur l’Ile Maurice », film réalisé par des jeunes d’origine mauricienne.
- Convention entre l’association et la ville de Bonneuil-sur-Marne.
- Engagement, dans le cadre du programme européen Equal (plan de lutte contre les discriminations et les inégalités face à l’emploi), d’un projet expérimental de « Formation d’animateurs à la prévention des conduites addictives et à risques ». Ce projet associe des acteurs locaux (la Mission Ville de Créteil, l’Office Municipal de la Culture de Maisons-Alfort, l’Institut National de Formation et d’Application), et des partenaires européens, italiens et grecs.
1998-1999
- Poursuite de l’ensemble des activités évoquées.
- Renforcement du partenariat avec la DDJS et élargissement de notre territoire d’intervention par le soutien de jeunes engagés dans des activités artistiques et la production de spectacles autour du thème des drogues (théâtre, chorégraphies) sur les communes de Marolles, Villejuif et Orly.
- L’équipe de prévention se voit absorbée par l’activité d’accueil et de soin ; nous déposons un projet de création d’un nouvel espace de prévention et de formation conçu comme un lieu-ressource et un pôle d’aide à l’auto-organisation, avec le soutien du sous-préfet à la Ville.
- Convention entre l’association et la Communauté d’Agglomération de la Plaine Centrale du Val-de-Marne associant les villes de Créteil, Alfortville et Limeil-Brévannes
- Patricia Echevarria quitte son poste pour rejoindre la Mission de Prévention de Seine-saint-Denis. Elle rejoint notre Conseil d’Administration. Nancy Aguilera-Torres est recrutée pour occuper ses fonctions.
Publication :
- La professionnalisation des jeunes, Le cas des relais de prévention, BEZILLE H., Université de Rouen, Laboratoire CIVIIC, Département Sciences de l’Education, janvier 2000
1997
- Immersion dans l’organisation quotidienne et la gestion du nouveau centre de soins, avec une file active de 250 usagers. Des activités collectives régulières leur sont proposées. Le programme de formation, aide à l’insertion rencontre une bonne adhésion des publics (ainsi que l’allocation complémentaire au RMI, versée aux bénéficiaires par le Conseil Général qui soutient fortement l’action). Frédéric Menneret est recruté pour le service d’accueil, après une année de service civil.
- Le service de prévention se formalise et s’ouvre à de nouvelles perspectives, à partir des recommandations qui se sont dégagées de nos travaux avec les équipes anglaises et danoises
- Un nouveau projet est déposé dans le cadre d’un PIC Emploi Youthstart et d’un partenariat avec l’Irlande et la Grande-Bretagne.
- Une formation de douze animateurs relais s’engage (dans le cadre d’une convention avec la DRTEFP) et avec eux, de nouvelles stratégies se définissent, notamment en milieu scolaire (avec la mise en place d’un comité de pilotage au sein de l’inspection académique). Matthieu Chalumeau est recruté pour accompagner cette action. Nous recevons la visite de Claude Bartolone, alors en charge de la Politique de la Ville.
- Certains de ces animateurs participent à une mission au Maroc.
- Premières formations de jeunes condamnés à un Travail d’Intérêt Général, non pas tant en tant que bénéficiaires des informations transmises mais en tant que relais.
Publication :
- Ressources d’un groupe de parents autour de la toxicomanie. In Pratiques en santé-précarité. La santé à l’épreuve du terrain. ZECCA M., Guide Pratique, Direction Générale de la Santé, décembre 1997.
1995-1996
- L’année 1995 est essentiellement consacrée à l’ouverture de l’unité TSO. Installation du centre Epice et du siège social de l’association dans de nouveaux locaux, 42 rue Saint Simon à Créteil. Cette création s’est faite sur demande de Thérèse Hornez, médecin inspecteur de la DDASS et avec le soutien de la Ville, face à la réticence, voire à la résistance des acteurs du champ spécialisé. Une conviction se confirme pour nous : « Bien plus que l’incitation répétée au sevrage, les réponses proposées dans une perspective de gestion des risques liés aux drogues sont perçues par les usagers, qu’ils soient demandeurs ou non de TSO, comme une meilleure reconnaissance sociale de leur dépendance et des difficultés qu’ils rencontrent ».
- 57 patients sont pris en charge dans le cadre d’un traitement à la méthadone, fin 1996, sous la responsabilité de Philippe Hatchuel. La file active est de 248 personnes. Une population moins désinsérée apparaît. Nombre d’entre ceux que nous connaissons depuis longtemps considèrent encore que « nous voulons les droguer » et qu’ils ne veulent pas être « dépendants de nous ». Certains de ceux qui sont en traitement élaborent de véritables projets de sevrage (il faut leur demander de ne pas aller trop vite ; « l’ambivalence de la demande », tant décrite dans la littérature, n’a plus lieu d’être). Le nombre d’usagers demandeurs d’un traitement évoluera rapidement.
- Face à la réticence d’usagers refusant un protocole leur semblent contraignant et à la rapide saturation de l’unité méthadone, nous avons mis en place une permanence de médecine générale. Jean Dupuis recevait, une à deux après-midis par semaine, ses propres patients usagers de drogues (qui pouvaient ainsi bénéficier d’un suivi social et psychologique au sein du centre) et nos patients qui accédaient ainsi à un traitement Subutex, voire Moscontin ou Skénan pour quelques-uns. Cette consultation, dont la DDASS et l’ensemble de nos partenaires avaient connaissance, sera l’objet d’une enquête en 2008 et sera considérée comme illégale car s’apparentant à une consultation de médecine foraine.
- Nous engageons un partenariat avec Juan Menares et Nancy Aguilera-Torres, de l’INSERM, pour une étude qui devrait nous permettre de mesurer l’impact des TSO sur le parcours des usagers.
- Des automates délivrant des kits d’injection sont installés à différents endroits de la ville de Créteil.
- Projet de formation de médecins généralistes. Quelques soirées seront organisées avec l’aide de laboratoires ou des réseaux d’Argos, l’un des premiers réseaux ville hôpital et de Créteil Solidarité, l’une des premières consultations de médecine gratuite, tous deux mis en place avec le soutien de la Ville de Créteil.
- La petite délinquance associée à des incarcérations répétées sera très sensiblement rapidement réduite pour les usagers de drogues. Les conflits familiaux et l’angoisse des familles s’apaisent.
- Nous mettons en place des activités musique, théâtre et relaxation qui permettent de faire face au désœuvrement. Le journal « En substance » est lancé (seuls trois numéros seront publiés). Après des années consacrées à la recherche d’argent, puis de produit, puis d’argent (un véritable travail !), les usagers cherchent à redonner sens à leur parcours de vie.
- De la demande d’aide à la démarche participative : Au-delà de ces activités, de nombreux déjeuners associant usagers, équipe et partenaires sont organisés. Des séjours collectifs sont organisés à la montagne. La route est longue mais nous continuons de marcher « car un travail centré sur l’unicité de chaque histoire n’est pas suffisant. Dans le même temps, il est nécessaire de construire une sorte d’histoire collective de sortie de la drogue, qui offre à tous les habitants d’un quartier la possibilité de se regrouper pour améliorer leur propre vie » (MG Giannichedda). Des collaborations s’engagent avec la société civile ; Didier du gîte « Le vieux Grassonnet », Anita et Laurent Clavreul, Lise Scharf qui accueillent ou participent à l’accompagnement d’usagers.
- Mise en place d’un dispositif de redynamisation et insertion sociale, animé par Viviana Guerra, en partenariat avec Faire et le Conseil Général.
- Réalisation d’une plaquette d’information en direction de parents d’usagers de drogues, en lien avec l’association Ecoute Solidarité Action. Interventions au Havre et à Strasbourg, auprès d’autres parents. Interventions dans le cadre de formations de travailleurs sociaux à Bobigny et Fresnes.
- Interventions en milieu scolaire, en lien à l’engagement de cinq jeunes salariés sur des contrats aidés (Fouzia Bruzzi, Stéphane Agasse, Lakhdar Miloudi), bénévoles (Yahia Dikès) ou en service civil (Nicolas Tournadre) ; leur présence facilitant la relation de confiance avec les élèves et permettant des échanges basés sur la connaissance, voire sur l’expérience de chacun en relation aux drogues, ce qui n’est pas sans poser problème pour les établissements ; notre positionnement pragmatique pouvant être perçu comme incitateur.
- Spectacle théâtral, « L’Ange du Dimanche » écrit par David Tacita et interprété par Fouzia Bruzzi, présenté à Créteil, Cotonou (Bénin) et aux Abymes (Guadeloupe).
- Réalisation de l’exposition « Les drogues contemporaines ».
- Engagement dans des échanges européens, à la demande de Colin Crips (Youh Awareness Programm, dont le sigle sera à l’origine du nom de notre service de prévention IAP) avec la Grande-Bretagne (Londres) et le Danemark (Odense) autour de la prévention par les pairs et de la formation de professionnels directement et quotidiennement en lien avec des publics jeunes. La prévention ne doit pas être qu’une affaire de spécialistes et doit s’appuyer sur des logiques de RDR.
- Interventions sur les quartiers (avec la présentation de l’exposition sur les drogues contemporaines, une participation à des activités cinéma ou cuisine en direction des femmes).
Formation d’un groupe relais de prévention (constitué d’acteurs associatifs, de travailleurs sociaux et d’habitants), dans une perspective d’action communautaire, pour la Ville de Fresnes.
1994
- Collaboration avec le SPIP de Créteil et le Foyer Joly pour la création et le fonctionnement de l’hôtel social « La Balançoire ». Hébergement sans conditions sinon celles posées aux équipes orientant sur ce dispositif, en termes contractuelles de maintien du suivi social et de réorientation en cas de difficultés… Peu de services acceptent de signer le contrat !
- Intégration du département « Santé et société » de Paris 12, et création d’un nouveau service de formation (en direction d’intervenants médico-sociaux) coordonné par Chantal Debock: ICARE
- Formation des employés des services de prestations sociales, souvent confrontés aux demandes insistantes d’usagers de drogues (Aide Médicale Gratuite et aides financières) ; engagement d’un temps de recherche-action puis de nouvelles modalités de collaboration entre ces services et le nôtre.
- Le groupe parents devient l’association Ecoute Solidarité Action. Les interventions de Claudette Jubelin et Malika Hamadi sont défrayées, Josette étant toujours salariée… ce qui atténue les tensions au sein du groupe.
- De multiples collaborations RDR s’engagent avec le groupe d’usagers et Phuong Charpy qui est recrutée sur un quart de temps.
- Des usagers s’engagent dans d’autres actions telles qu’une mission en Afrique ou un projet théâtral (voir ci-dessous). « Le seul objet RDR ne peut suffire à inciter nos publics à l’auto-organisation, d’autres projets de construction collective sont nécessaires ».
- Collaboration avec la DDJS dans le cadre de la Semaine Européenne de Prévention des Toxicomanies. Opération « Au fil de l’eau », en lien avec le Théâtre du Fil : 12 jeunes du Val-de-Marne embarquent sur une péniche et y construisent un spectacle sur les drogues et le sida. Une dizaine d’escales dans différentes communes en bord de Seine ou de Marne permettent ensuite la présentation du spectacle. Michèle Alliot-Marie, alors ministre de la Jeunesse et des Sports, est présente lors d’une de ces escales. Parmi ces jeunes, nous rencontrons Fouzia Bruzzi et David Tacita qui seront recrutés comme animateurs.
- Participation de trois usagers (dont l’un de Marolles-en-Brie), et de Jean-Louis Turbat, éducateur, au film « Briser la glace » réalisé par Audiopradif. Au terme d’une escalade longue et ardue, sous un magnifique soleil, le groupe parvient au sommet de la montagne dans un épais brouillard.
- Début d’une longue collaboration avec un groupe d’habitants, dont des parents d’usagers, et d’élus de Marolles en Brie. Ceux-ci se constitueront en association intercommunale « Trait d’Union 94 », pour laquelle Philippe Lagomanzini assurera le recrutement d’une équipe et l’aide à l’élaboration de projets. Une première action est réalisée dans le cadre d’une mission en Afrique : quatre usagers de Créteil et Marolles, accompagnés de Jean-Louis Turbat, rejoignent le Bénin après avoir traversé le Sahara (Page 27 rapport d’activité 1994).
- Un groupe d’usagers et de jeunes intervenants est constitué par Patricia Echevarria, pour un travail de recherche et documentation qui permettra la construction de l’exposition « Les drogues contemporaines ».
- Participation de Philippe Lagomanzini à la mission organisée à Kyriat-Yann (Israël), par la ville de Créteil, autour des problèmes liés aux drogues rencontrés avec l’importante communauté russe immigrée.
- Visite de Simone Veil à Maisons-Alfort. Le gouvernement autorise la mise sur le marché de la méthadone.
Publications :
- La famille aujourd’hui. LAGOMANZINI P., Comité Départemental du Val-de-Marne pour l’Année Internationale de la Famille, décembre 1994.
1992-1993
- Organisation de rencontres de parents à Lyon et Strasbourg, puis d’un séminaire, dans le cadre de la Commission Santé du Secrétariat Général à l’Intégration avec le groupe Ecoute Solidarité Action et d’autres groupes de parents (Lyon, Massy, etc.) et sous la responsabilité de Marine Zecca. Ces travaux seront l’objet de rapports remis au SGI et au Ministère des Affaires Sociales. Josette Bancarel devient salariée de l’association en tant qu’animatrice du groupe parents, construisant des modalités de réponse permettant aux parents de se « repositionner » différemment, mais renforçant également la pression sur l’équipe d’accueil, pour que des adaptations soient mises en œuvre (visites à domicile, accueil en urgence, etc.).
- Mise en place d’un groupe d’auto-support avec l’aide de Phuong Charpy, fondatrice d’ASUD, et de Laurence Potte-Bonneville, AIDES Val-de-Marne.
- Une usagère est engagée en tant que secrétaire sur un contrat aidé.
- Engagement dans le mouvement « Limiter la casse », aux côtés de AIDES, ASUD, Médecins du Monde, etc. Créé en 1992 « Limiter la casse » est un collectif de 48 organisations luttant en faveur d’une politique de réduction des risques sanitaires et sociaux liés à l’usage de drogues. Le contexte de prohibition détermine un mode de vie d’exclusion dont les risques de contamination font partie intégrante. La France se situe alors dans une politique générale de répression alors que l’ensemble des pays européens adoptent progressivement des politiques pragmatiques de soins et de prévention.
- Mobilisation d’un groupe d’usagers dans le cadre d’une nouvelle étude conduite en direction de pharmaciens.
- Exposition « Les risques de la rue » réalisée à partir de la mobilisation d’un groupe d’adolescentes accompagnées de leurs petits frères et sœurs qu’elles doivent garder.
- Aide à la constitution d’un club UNESCO qui reçoit le prix des clubs d’Ile de France ; il est le seul club dont le projet d’action se situe en France.
- Réalisation du spectacle « Black, Blanc, Beur », mis en scène par sur les inquiétudes de ces mêmes adolescentes à l’idée de tomber amoureuse d’un garçon d’origine et de religion différente et des réactions de leurs parents. Renaud Cellier réalise un film de ce spectacle présenté devant Laurent Cathala.
- « Cocktail Rap », réalisation d’un spectacle réunissant dix-sept jeunes de Maisons-Alfort et présenté lors d’une journée en hommage à deux jeunes décédés, l’un d’overdose, l’autre par suicide. Film vidéo réalisé en 1994 après finalisation mise en scène.
- Soutien de l’association « Sortie de secours » dont l’activité constitue le seul espace de rencontres jeunes sur le quartier du Port qui ne dispose pas d’équipement socio-culturel.
- Exposition « Les enfants du Brésil », photographies réalisées à Roça da Sabina, (Salvador, Brésil), par un jeune bahianais vivant à Maisons-Alfort.
- Poursuite des activités de formation de gardiens d’immeubles.
- Accueil de nombreuses équipes françaises (DRJS Midi-Pyrénées, GIRAST Marseille, etc.) et européennes (IDT Lisbonne et Projet LAMA, Bruxelles).
Participation à deux colloques en Espagne : à Madrid (« Psychologie et Sida ») et à Vitoria (« La prévention des toxicomanies et le rôle de la famille » Projet Hombre).
Publications :
- « Les mères-courage de Créteil », De NORAY, ML., Interdépendances.
- « Le rôle des familles », LAGOMANZINI P., Bulletin du Réseau Ville-Hôpital
- « Le rôle des familles dans la prévention des problèmes liés aux drogues », ECHEVARRIA P., Actes du colloque de Madrid.
- « De la rumeur à la réalité », LAGOMANZINI P., Actes du séminaire « La prévention de l’infection par le VIH chez les usagers de drogues », Agence Française de Lutte contre le Sida.
- « Politiques publiques et capitalisation des savoir-faire de l’intégration », ZECCA M., Rapport remis au Secrétaire Général à l’Intégration.
- « Actions en direction des jeunes en difficulté », Rapport de la Direction des Affaires Sociales.
Différentes émissions :
- France Inter (« Bouillon de onze heures »),
- Radio Paris Pluriel, Radio Soleil,
- Antenne 2 (« Bas les masques »),
- M6 (« Zone interdite »).
1991
- La file active atteint 230 personnes suivies, dont 40% sont d’origine étrangère.
- Recrutement d’un médecin généraliste vacataire, face aux angoisses générées par l’importance de l’épidémie de sida chez les usagers de drogues.
- Recrutement d’un psychiatre vacataire : Philippe Hatchuel, psychiatre, assurant en lien avec Dominique Poggi, sociologue, des temps d’analyse de pratique.
- « Si notre démarche a privilégié l’approche sociale face à ce que l’on pourrait peut-être observer comme de nouvelles pathologies liées à l’exclusion, l’accompagnement social n’est plus suffisant »
- Le groupe parents se formalise et des perspectives de collaboration avec l’ex-collectif PARE se dessinent autour d’actions de prévention du sida.
- Ce collectif se reconstitue sous l’appellation Initiatives Prévenir Autrement.
- Constitution d’un réseau de PME, à l’initiative d’Eric Renard, éducateur : 19 entreprises recrutent ainsi 27 usagers.
- Convention entre l’association et la mairie de Maisons-Alfort pour la création d’une Antenne d’accueil, rue Pierre Sémard.
- Constitution du groupe référent associant acteurs sociaux, sanitaires et fédérations de parents d’élèves : observatoire des problèmes liés aux drogues se posant sur la ville et espace d’élaboration de projets collectifs de prévention. Recours à des intervenants (Sylvie Wievorka, Antoine Lazarus, etc.).
- Tentative malheureuse de collaboration avec l’hôpital Marmottan après rencontre avec Claude Olievenstein. Nous recrutons Nicole Guéguan, assistante sociale dans cet hôpital, pour une vacation hebdomadaire qui facilitera les orientations qu’elle pourra se faire à elle-même.
- Co-organisation des Journées européennes « Prévention et participation communautaire : vers de nouvelles perspectives » (Barcelone), avec la participation d’Antoine Lazarus et d’équipes anglaises, italiennes, hollandaises, espagnoles, belges, portugaises, suisses et françaises.
- Elaboration d’un projet d’évaluation de notre démarche, sous la direction de Claude Veil.
- En cours d’année, du fait de conflits internes et du refus, par l’équipe, de certaines orientations de la politique associative nous éloignant de plus en plus de notre territoire, Marc Hoffmann et Lia Cavalcanti démissionnent. Philippe Lagomanzini devient directeur de l’association. Patricia Echevarria est recrutée en tant que responsable du Pôle prévention. Elle apporte un regard décentré et neuf sur les besoins de prévention.
Publications
- Evaluation d’une action communautaire. POGGI D., Collectif PARE, Drogues et Société, Agence Française de Lutte Contre le Sida, 1990-1991.
- Evaluation de la mise en place d’un dispositif de formation participative intégrée toxicomanie-sida. POGGI D., Drogues et Société.
- Approche communautaire. CAVALCANTI L., GIANNICHEDA M.G., LAGOMANZINI P., VASCONCELOS S. In Géopolitique des drogues (sous la direction de Guy Delbrel), La Découverte, Paris, 1990.
1990
Reconstitution de l’association en une direction tripartite, suite au retour en Italie d’Anna Maria Scoppio : Lia Cavalcanti (en tant que responsable des actions participatives), Marc Hoffmann (en tant que Secrétaire Général chargé du développement) et Philippe Lagomanzini (toujours responsable du service d’accueil). Jean-Jacques Branchu devient Président, Jean-Yves Mariller, Trésorier et Chantal Debock, Secrétaire Générale.
- La première convention tripartite Etat-Ville-Association autour des questions liées aux drogues, est signée entre Laurent Cathala, Claude Evin, Ministre de la Santé, et Drogues et Société.
- Recherche-Action « Séropositivité et médecine générale », en collaboration avec le CRESIF et Créteil Solidarité. L’enjeu est d’évaluer les besoins des personnes concernées par le VIH et les réponses apportées localement. Le collectif PARE s’implique activement dans la réalisation de questionnaires auprès d’usagers et de pharmaciens.
- Mise en place de groupes-relais dans différents quartiers de Créteil
- Voyage d’études à Amsterdam avec deux représentants du collectif PARE, Josette Bancarel du groupe parents, Anna Fradet (nouvellement salariée de l’association et qui dirigera plus tard le Sleep In), Annie Leprêtre (médecin vacataire, intervenant également à EGO et praticien du service immunologie de l’hôpital Bichat). Rencontre des services de santé de la ville d’Amsterdam, du groupe Junkies Band. Découverte de la RDR et des TSO. Réalisation du film « Le train ».
- Recrutement de Josette Bancarel pour l’animation du groupe parents, d’Eric Renard (qui travaillera à la mise en place d’un réseau d’entreprises). L’association est constituée de six salariés.
- Création du CILDT (Conseil Intercommunal de Lutte contre les Drogues), regroupant une dizaine de communes du Val de Marne : mise en place de permanences d’accueil de parents sur les quartiers. Echec de l’opération (trop politique, sans lien avec les habitants, éloignement de nos propres services) et reprise, quelques années plus tard sous une autre forme d’organisation qui conduira à la création d’un CAARUD.
- Daniéla Cesoni et Philippe Lagomanzini rencontrent à Turin, Luigi Ciotti, fondateur du Gruppo Abele. Visite accompagnée d’une protection policière !
- Participation à la coordination du Séminaire Santé (Communauté Européenne Luxembourg), en lien à EGO et Vis avec nous, dans le cadre de la Campagne européenne d’information sur les drogues (traitant également des questions de production et de justice dans le cadre d’autres séminaires, à Bruxelles et Strasbourg) engagée à l’initiative de la CIMADE, en lien avec CCFD et Medicus Mundi.
- Les résultats des travaux ont été présentés à Paris, lors d’un congrès de clôture, sous la présidence de Danièle Mitterand, en présence de Claude Evin, Edwige Avice et Claude Cheysson, respectivement ministres de la Santé, de l’Agriculture et des Affaires étrangères.
- Participation à la constitution du Réseau Européen d’Approche Communautaire aux côtés d’EGO, Vis avec nous, l’AMPT, Infor-drogues (Bruxelles), Victor Marti du Groupe IGIA (Barcelone) et Annie Mino (auteur de « Ces mensonges qui tuent les drogués) directrice des services de psychiatrie et toxicodépendance de Genève.
- Plusieurs séminaires sont organisés à Paris, Marseille, Genève et Barcelone, avec le soutien de la DGLDT, du Plan National Anti-Drogues (Espagne), de l’UNESCO et de la Communauté Européenne.
- Participation à différentes Recherche-Action engagées par l’Agence Nationale de Recherche sur le Sida: Prostitution masculine en Ile de France et prévention VIH », Supports de prévention sida en direction des toxicomanes », « Prévention du sida par la communication vers l’enfant d’âge scolaire ».
- Participation à la Délégation française reçue à Londres par Lady Diana Spencer, lors d’un séminaire « Média et perception des drogues », dans le cadre de la Semaine Européenne de Prévention.
- Engagement d’un projet de recherche-action, en lien avec Svetlana Vasconcelos, psychiatre de l’hôpital universitaire de Salvador de Bahia (Brésil), les habitants du quartier Roça da Sabina et avec le soutien de Frères des Hommes et du Ministère français de la Coopération : l’organisation sociale de la favela, en lien au candomblé et aux cultes afro-brésiliens, comme support d’alternatives face aux difficultés d’accès au soin pour des publics en situation de précarité.
Publication
- Evaluation d’une action communautaire, le collectif PARE en 1990, POGGI D , Agence Française de Lutte contre le Sida.
- L’approche communautaire, LAGOMANZINI P., Campagne Drogues et Développement.
1989
Daniéla Cesoni repart en Italie. Elle restera proche de l’association, activant notamment les projets de recherche et le partenariat avec des équipes italiennes de Trieste et Bari. Ses fonctions de direction sont confiées à Anna Maria Scoppio, détachée de l’hôpital de Trieste pour une période d’un an. Gérard Chabaud quitte l’association pour prendre la direction de l’association APPARTS. Soutien à la constitution du collectif PARE, « Prévenir Autrement et Réfléchir Ensemble pour ne pas craquer », groupe d’auto-support d’usagers de drogues.
- Séminaire « Au-delà de la drogue », avec la participation d’usagers de drogues, de parents et de Robert Castel, Félix Guattari, Franco Rotelli, Maria Grazia Giannichedda, Claude Veil, Albert Ogien, Université de médecine Paris 12.
« D’autres trajectoires, d’autres expériences de travail participatif, pour vérifier les dénominateurs communs mais aussi la diversité des demandes et des terrains, pour mieux avancer, pour que des passerelles se créent entre professionnels et groupes de population, pour découvrir qu’au-delà des diversités évidentes, des échanges et des parcours de transformation sont possibles, à Créteil comme à Trieste, à Bagneux et à la Goutte d’Or comme à Turin »
- Réalisation du film « Où est Pascal ? », sur une idée d’A M Scoppio : un usager dont tout le monde parle mais qu’on ne voit jamais…
Publication :
- Evaluer la complexité. OGIEN A., GIANNICHEDA M.G., Drogues et Société, Ministère de la Solidarité, de la Santé et de la Protection Sociale, Mission Interministérielle de la Recherche et de l’Expérimentation, 1989.
1988
- Premier partenariat avec FAIRE / Insertion formation et emploi, à partir d’activités théâtrales et première convention avec le Programme Départemental d’Aide à l’Insertion. Retrouver un sens à son parcours de vie peut aider à la régulation de consommations problématiques.
- Second séminaire « Recherche-Action et prévention de la toxicomanie » avec la participation de Rocco Canosa: « L’abandon des populations est aussi le fruit de la séparation des compétences et du cloisonnement institutionnel ».
- Le groupe Parents (à l’origine formalisé en deux groupe, un de françaises et un d’algériennes !) se reconstitue en un seul à partir d’une intervention de Karim Abboub, non pas sur la question des drogues mais sur l’histoire des relations entre la France et l’Algérie.
- De multiples questions se posent à nous quant aux modalités d’accompagnement de ce groupe : recours à des intervenants extérieurs ? Ou comment faire face aux attentes individuelles tout en construisant un projet collectif ? Et comment associer aux échanges d’autres acteurs souvent perçus comme insensibles aux problèmes rencontrés par les familles CPAL, Service des Urgences, Circonscription d’Action Sociale ?
- Le conflit comme facteur de dynamique et de transformation ?
- Formation de cantonniers de la Ville (que faire face à des seringues usagées ?) et de Gardiens d’immeubles afin de les aider à se repositionner dans un réseau d’acteurs – éducateurs, assistantes sociales, services de police et à reconsidérer leurs liens avec les usagers de drogues.
- Formation d’équipes relais au sein des établissements scolaires, en concertation avec le rectorat de Créteil pour une meilleure connaissance par les équipes enseignantes des réalités quotidiennes auxquels sont confrontés leurs élèves (quartier, environnement, etc.) et leur participation à la mise en place de stratégies de prévention.
- Liens avec les associations EGO (Espoir Goutte d’Or) et Vis avec nous (Bagneux) respectivement dirigée par Lia Cavalcanti et Margarita Morales: deux projets communautaires mis en place à partir d’expériences latino-américaines.
- Participation à l’organisation du colloque FIRST, Politiques locales et toxicomanie, aux côtés de Didier Touzeau, Albert Herzkowicz et Anne Coppel.
- Echanges avec les équipes de Franco Rotelli (Hôpital de Trieste, Italie) et la participation de Geneviève André, directrice de la DDASS du Val-de-Marne.
Publication :
Etudes des dysfonctionnements de circuits institutionnels proposés à la population toxicomane d’un quartier. LAGOMANZINI P., Drogues et Société, Editions Mouvance.
1987
- Construction de partenariats avec les acteurs de terrain (clubs de prévention, centres sociaux, circonscription d’action sociale, etc.)
- Soutien à la création de l’association Paradoxes, dont les objectifs sont la réinsertion économique des usagers et leur participation à la vie civile. Pascal Célestine en devient le salarié.
- Participation à la création d’un collectif logement, au sein de la Mission Locale, visant à mettre en lien des jeunes et des propriétaires de logements vacants.
- Hélène Bézille, Dominique Poggi et Philippe Hatchuel accompagnent régulièrement l’équipe (toujours constituée de trois salariés… et de deux vacataires : Lisette Moulié et Elia Carenzio, psychologues) face aux questions qu’elle se pose quant aux stratégies d’accompagnement et de prise en charge mises en œuvre (texte écrit pour le DESU en 2015).
- La loi Barzach autorise la vente libre de seringues, plus de 4 ans après le début de l’épidémie du sida.
- Nous participons également au colloque de TAIPAS (Portugal), autour du double impact de l’ouverture du pays, après la dictature, et l’arrivée massive d’héroïne dans les ports portugais. Paula Marques, de l’Institut des Drogues et des Toxicodépendances, nous présente l’ébauche de premières politiques publiques extrêmement pragmatiques. Lors de ce colloque, nous assistons à un concert privé d’Amalia Rodrigues.
1986
En février 1985, Laurent Cathala, maire de Créteil, demande à Marc Hoffman, Président de Mouvances et Réseaux Villages, de réfléchir aux réponses à apporter localement face aux problèmes liés aux drogues.
Marc Hoffman fréquentait alors l’Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales et le séminaire de Claude Veil[1] ; il parle à Daniéla Cesoni, psychologue italienne (qui avait participé aux expériences italiennes de lutte contre l’enfermement asilaire et la création de dispositifs territoriaux de santé mentale). de la proposition de Laurent Cathala. Elle avait également contribué à la mise en place des premiers dispositifs de prise en charge d’usagers de drogues pour la ville de Milan et décide de relever le défi et d’associer à cette aventure Philippe Lagomanzini, issu des dispositifs de soin spécialisé en addictologie, et Gérard Chabaud, ex-directeur d’un club de prévention et disposant d’une très bonne connaissance des réalités locales.
La proposition de la ville de Créteil s’inscrivait en lien aux nouvelles opportunités offertes par le Conseil National de Prévention de la Délinquance (CNPD), institué en 1983, tout comme les Conseils Départementaux et Communaux de Prévention de la Délinquance (CDPD et CCPD), à la suite du rapport de la commission des maires sur la sécurité, présidée par Gilbert Bonnemaison. Ce rapport, dit rapport Bonnemaison, préconisait une coopération entre l’État et les collectivités territoriales pour mener des politiques de prévention s’appuyant sur le tissu associatif. C’est aussi à la suite de ce rapport, ainsi que des rapports Schwarz pour l’insertion professionnelle des jeunes, et Dubedout pour les opérations de Développement Social des Quartiers, que s’institutionnalisera la Politique de la Ville, englobant en une quarantaine d’années, dans une volonté de lutte contre les inégalités territoriales, de plus en plus de thématiques : éducation, emploi, participation des habitants, santé, culture, etc. ; si aujourd’hui cette politique peut apparaître comme un échec sur le plan de la réduction des inégalités, nous verrons ce qu’elle a cependant permis de mobiliser, sur différents territoires et notamment à Créteil, en termes d’accès à des réponses de droit commun pour les usagers de drogues.
Le phénomène des drogues occupait régulièrement, depuis près d’une quinzaine d’années, la une des médias. Au cours des années soixante-dix, une partie de la jeunesse occidentale, souvent issue de classes sociales moyennes ou favorisées, exprimait le refus des valeurs d’une société matérialiste dans laquelle elle ne se reconnaissait pas et tentait de découvrir de nouveaux horizons, dans un mouvement associant contre-culture et recherche spirituelle généralement en lien à une consommation de diverses substances psychotropes. La répression policière a eu pour effet, dès le début des années quatre-vingt, de produire un essaimage de nouveaux réseaux de trafic de drogues, notamment d’héroïne, ciblant de nouvelles populations, souvent issues de l’immigration, vivant sur des quartiers dits « sensibles » et souvent en situation à haut risque d’exclusion sociale. L’arrivée du sida, dont on ne mesurera l’impact qu’à la fin de la décennie, a violemment renforcé la stigmatisation de ces populations. La panique des habitants et des familles, l’impuissance des services de proximité et l’éloignement des dispositifs de soin spécialisé ont alors conduit certains élus à mettre en œuvre des réponses localement adaptées, notamment sur les villes de Champigny et Orly, pour lr département du Val-de-Marne.
Le projet de Drogues et Société, pour la ville de Créteil se caractérise tout d’abord par deux idées majeures :
- Constituer un service disponible à l’échelle d’une ville, avec le souci de favoriser la participation de la population, d’en renforcer les ressources et de rétablir les liens de communication, là où ils ont été rompus ;
- Engager une démarche s’inscrivant en réseau avec les différentes structures médicales et sociales du territoire et l’ensemble des professionnels et acteurs sociaux concernés, à des fins de mise en complémentarité des ressources institutionnelles et de construction de réponses adaptées.
Et trois axes de travail,
- Accueil et accompagnement social, initialement à partir de temps de rencontres informelles sur les quartiers, de permanences au sein d’équipements socio-culturels ou de visites à domicile à la demande de familles ;
- Information et formation en direction de l’ensemble des acteurs sociaux, à des fins de partenariat ;
- Etudes et recherche sur les besoins des jeunes, des habitants et des professionnels de proximité.
C’est en mai 1985 que nous avons ouvert le centre EPICE ; ce sigle, signifiant Espace Parole Identité Connaissance Economie, nous semblait plus adapté que le terme « Drogues et Société », ne pouvant être perçu comme stigmatisant et soulignant, en outre, un certain nombre de questions sur lesquelles nous proposions de travailler, au-delà de celle de la consommation de drogues. Les locaux de la Maison des Associations où nous nous sommes installés, entre l’office du tourisme et l’université inter-âges, favorisaient notre visibilité et l’accessibilité du service.
Mais la plupart des premières rencontres d’usagers se sont faites sur les quartiers, dans le cadre d’équipements sociaux ou à domicile. C’est d’ailleurs à la demande de ces équipements de quartier, et notamment de Christiane Ybert, directrice du centre Albert Doyen et de Joël Bambuck, directeur du club de prévention, que la ville s’était engagée dans la création de l’association ; ils en étaient tous deux respectivement Secrétaire et Trésorier, ils en sont devenus les premiers partenaires.
C’est avec leur aide que nous avions installé un stand, un samedi après-midi, sur le quartier du Montmesly. Nous souhaitions rencontrer les habitants et présenter notre projet autour de jus de fruits et de quelques gâteaux. Lorsque nous sommes arrivés, un groupe de jeunes était présent. L’un d’eux, Abdelkrim, avait posé ses pieds sur la page d’un numéro de « Vivre ensemble », magazine municipal, où s’affichait un reportage sur notre arrivée dans la ville ; c’était une façon claire de nous affirmer que ce territoire était le leur et que nous devions en tenir compte. Ils se sont ensuite rapidement dispersés et nous avons passé l’après-midi avec les enfants du quartier.
Mais c’est avec eux que nous allions progressivement apprendre à nous « décentrer » de nombreux postulats théoriques pour repenser radicalement nos pratiques professionnelles.
Nous découvrions un univers que nous méconnaissions et avions de nombreux espoirs quant à une possible clarification des procédures auxquelles étaient confrontés les usagers. 45% des 61 usagers suivis font des allers et retours réguliers en prison pour des faits de petite délinquance (rapport activité 1987). Nous avions notamment observé que certains jugements pouvaient être prononcés par un tribunal, alors que les prévenus étaient déjà incarcérés à la demande d’autres tribunaux. Ou bien encore que les détenus également condamnés à une période de sursis et mise à l’épreuve n’étaient pas toujours bien informés des délais dans lesquels ils pourraient être convoqués après leur libération ; les convocations ne leur parvenaient pas toujours du fait de changements d’adresse, ou ils ne s’y présentaient pas, craignant d’être une nouvelle fois incarcérés, ce qui, de ce fait, finissait par se produire. En lien avec Claude Jouven, psychologue à l’origine de la création de l’Antenne toxicomanie de la Maison d’Arrêt de Fresnes, André Bibault, délégué de probation et Edwige Roberval, enseignante à l’ENAP (Ecole Nationale d’Administration Pénitentiaire), nous avions donc le projet de mettre en place des groupes de travail en direction de détenus afin d’éclaircir la situation de chacun et de favoriser une meilleure compréhension des procédures judiciaires. Malheureusement, l’Administration Pénitentiaire, craignant probablement que cette démarche puisse induire une lecture critique de ses dysfonctionnements, ne nous a pas autorisé à travailler ces questions.
Des ateliers ont cependant été mis en place dans le cadre du QIS (Quartier Intermédiaire Sortants) et nous avons pu rencontrer des détenus autour d’autres questions liées à la sortie de détention.
Nous avons également tenté différentes pistes de rupture avec le quartier, les consommations excessives et les relations conflictuelles. Nous avions obtenu un budget de fonctionnement qui nous a permis de travailler avec des lieux d’accueil informel ou d’associer la famille à la recherche de réponses permettant cet éloignement du quartier.
Georges Apap, procureur de Valence, avait clairement pris position dès 1987 quant à l’aberration et l’inefficacité des décisions de justice envers les usagers de drogues ; et les médias s’en étaient largement fait l’écho.
http://www.asud.org/2013/11/27/georges-apap-un-homme-remarquable/
« Les drogues ne sont pas interdites parce qu’elles sont dangereuses, elles sont dangereuses parce qu’elles sont interdites ».
Aucun de ces jeunes n’avait encore fréquenté un centre de soin, ce qui faisait dire à bon nombre de spécialistes : « il ne sont pas toxicos ! ».
Faire avec
Il nous est arrivé plusieurs fois de ponctuer nos journées par une visite au domicile de certaines familles. Tout en buvant un café, nous tentions d’aider à la gestion de multiples conflits au sein de la fratrie et de soutenir chacun dans l’accomplissement de différentes démarches, à partir de liens que nous établissions avec différents services, notamment la circonscription d’action sociale et les bureaux d’aide sociale de la ville avec lesquels nous avions mis en place des temps de réflexion qui ont permis l’élaboration de stratégies communes. (Nous développerons plus avant les différents modes de collaboration qui ont été expérimentés, tant pour un accompagnement individualisé mieux adapté que pour la construction de réponses collectives aux difficultés rencontrées par les professionnels intervenant au sein de ces services). Mais l’un des enjeux était aussi de prévenir les crises de fin de journée ainsi que différentes prises de risque, en mobilisant les capacités des uns et des autres afin de stimuler de nouvelles formes de dynamique collective.
Les usagers, y compris lorsqu’ils n’étaient pas issus d’une même fratrie, se connaissaient souvent depuis leurs plus jeunes années. Il nous fallait faire avec cette réalité et « en tirer parti ». Mais si nous avancions, en général, dans la construction de face-à-face individuels de confiance, nos relations avec les groupes s’avéraient plus difficiles. Ceux-ci se positionnaient collectivement en force de revendication, désavouant le travail engagé individuellement, raillant les perspectives d’accompagnement que nous leurs avions proposées, présentant aux autres les aides obtenues comme une « arnaque » réussie. La confiance n’était pas totale. Face à leurs pairs, ils devaient prouver qu’ils ne trahiraient pas en aspirant à un projet de changement individuel ; le consensus collectif était que la société était en devoir de réparation et que nous en étions les suppôts. Il en allait à la fois de leur réputation et de leur appartenance au groupe.
Ne pas se référer à la clinique dont l’un des principes fondateurs est d’« extraire » le sujet de son contexte !
Ouvrir de nouvelles perspectives.
Partir avec quelques usagers et voir ce qui se passe !
Une péniche circulant sur le canal du midi, à partir d’un partenariat avec le CAMPA d’Orly, à la fois pour partager les coûts de l’opération, mais également pour constituer un groupe « mixte » non constitué uniquement de jeunes se connaissant depuis des années ; des vélos pour de belles excursions au fil des escales, un encadrement souple (un éducateur, une psychologue et Dominique Poggi, sociologue), plusieurs intervenants amis de l’un ou l’autre des encadrants (musicien, relaxologue, etc.) accompagnant la découverte d’activités et la créativité. Recueil des attentes, des désirs, observation participante.
Un livre est publié, c’est à la fois le récit de cette expérience et un recueil de témoignages :
Ados et jeunes adultes du Mont-Mesly. Manques, besoins, aspirations. POGGI D., EPICE, Editions Mouvance, mai 1986.
Le lien qui s’établira avec certains usagers et leurs parents (qui constitueront le premier groupe d’auto-support parents) fondera le centre de soins et nourrira sa fréquentation.
Certains élus nous interpellent alors, considèrant que ce livre n’apporte rien de nouveau ! C’est probable mais c’est la démarche qu’il s’agit de valoriser et la dynamique qui en émerge qu’il faut renforcer.
Nous déjeunions chaque jour à la cantine et étions accompagnés d’un, deux, trois ou quatre usagers. Réticence et gêne des partenaires qui pouvaient être réinterpellés sur des demandes auxquelles ils n’avaient pas répondu, provocation « victorieuse », défi, visibilité… Les usagers ont commencé à s’y rendre seuls, y compris quand nous n’étions pas là, allant jusqu’à demander un petit billet aux uns ou aux autres. On a fini par nous faire savoir, par voie administrative, que seuls les salariés des services et associations seraient désormais accueillis à la cantine !
On nous fait savoir également que la mission n’est pas de passer nos journées avec des usagers connus de tous et « irrécupérables », mais d’éviter que d’autres deviennent comme eux !
Or, si nous trouvons des réponses pour les plus « destroy », ces réponses, dont ils ne se saisiront peut-être pas en effet, pourront convenir à d’autres. L’enjeu est aussi de questionner cette représentation d’irrécupérabilité.
Le sport comme réponse à la drogue !!! Un élu nous suggère d’organiser un marathon pour lequel les participants endosseraient un tee-shirt « Non à la drogue ».
Comment faire entendre qu’on n’éradiquera pas les drogues, qu’elles constituent pour beaucoup, sinon une possibilité appréciable d’échapper au réel, du moins une tentative d’auto-médication face à un vécu insatisfaisant, voire insupportable.
Qu’elles continueront à être utilisées de façon festive par des jeunes et des adultes qui vont bien et qu’il faut veiller à prévenir l’exclusion des consommateurs les plus vulnérables.
Notre mission de prévention ne pouvait pas être dissociée d’une activité de prise en charge des plus vulnérables et des exclus. Il en allait de notre légitimité.
Une bonne partie de nos journées se passait dans les bars et brasseries : entre rendez-vous avec les usagers, aide à la gestion de conflits entre usagers et patrons de bar ou autres clients, voire parfois ouverture de comptes repas (sans alcool) pour les plus démunis ; ces lieux devenaient nos QG de permanence d’accueil individuel et/ou collectif et de prise de premier contact avec de nouveaux usagers.
Il est indéniable que nous nous sentions emportés dans un véritable tourbillon. Nous établissions des liens qui pour être maintenus et renforcés bouleversaient toutes les règles habituelles qui fondaient, dans la plupart des institutions, les bases de la prise en charge sociale et de l’accompagnement psychologique.
Nous n’étions à l’origine que trois salariés et notre engagement dans ce projet nous conduisait à reconsidérer l’ensemble des réponses institutionnelles et politiques proposées jusqu’alors. Cela impliquait que nous nous dotions de solides références théoriques et méthodologiques. La Recherche Intervention Participative en a été une essentielle, en lien aux travaux de David Cooper, Marine Zecca et Robert Castel et à l’expérience italienne d’alternative à l’institution psychiatrique et aux concepts de territorialisation et de désinstitutionnalisation.
1986
- Agrément par l’Etat du centre Epice et convention avec la DDASS du Val-de-Marne. Installation dans de nouveaux locaux dans le quartier du Palais à Créteil. Maintien du siège social à la Maison des Associations.
- Un budget nous est octroyé permettant le financement d’un poste supplémentaire de psychologue et d’un fonds d’aide aux usagers. Le RMI n’existait pas encore et il nous fallait être en mesure de répondre à la multiplicité de besoins concrets auxquels devaient faire face les usagers en termes d’hébergement et de survie. Il ne s’agissait pas pour nous de suspendre la proposition de réponses à un engagement d’abstinence.
- Un colloque est organisé à la mairie de Créteil ; les contenus abordés font l’objet d’une publication.
Publication
Recherche-Action et Prévention de la Toxicomanie, ABBONDANZA T., CASTEL R., CESONI D., COPPEL A., HOFFMAN M., LAGOMANZINI P., ZECCA M., Drogues et Société, CRESIF, octobre 1986.
» Un travail centré sur l’unicité de chaque histoire n’est plus suffisant. Il faut construire une sorte d’histoire collective qui offre à tous la possibilité de se regrouper pour améliorer leur propre vie »
Maria-Grazia Giannichedda